Valls, obséquiosité et Islamophobie

Pour l’ancien Premier Ministre, Manuel Valls, dans une tribune au Figaro, la reconnaissance de la Palestine a condamné la France à l’impasse, donc à l’étiolement, car « une part décisive de l’avenir de la France et des démocraties se joue en Israël et au Moyen-Orient. Nos intérêts, notre sécurité, notre modèle démocratique y sont directement engagés. Si Israël tombe, nous tombons. Si Israël gagne, nous gagnons. » En liant le sort de la France à celui d’Israël, ne l’enferme-t-il pas dans la même clôture idéologique ? Donc une dialectique d’impasse et de damnation !

Manuel Valls ne nous dit pas comment Israël gagnerait ? Nous ne lui posons pas la question : nous connaissons d’avance sa réponse qui rejoint notre propre réponse. Israël gagnerait en écrasant Gaza, en colonisant la Cisjordanie, en occupant le sud Liban, le sud de la Syrie et en rognant les ailes de l’Iran. Bref, en remodelant la carte géographique du Moyen-Orient pour qu’Israël exerce de facto une hégémonie d’une main de fer. La France est gagnante à son tour, ses idéaux ne seront-ils pas trainés dans la fange ?

Valls, obséquiosité et Islamophobie

Un stratège du cataclysme

Mais que signifie ce grand triomphe, de ce stratège du cataclysme ? Si Israël gagnait, sa colonisation ne s’exercerait pas uniquement sur le plan géographique, mais également économique et politique. Israël ne permettrait jamais la moindre velléité d’émancipation démocratique chez ses pauvres voisins, même si cela se traduirait inévitablement sur le plan interne israélien. Nous observons déjà les signes d’une dictature qui prend de plus en plus forme en Israël.

Qui nierait que la convoitise des ressources et la haine des musulmans sont le même dénominateur qui fait saliver ces héros de l’obscurantisme.

Manuel Valls s’attarde dans sa tribune longuement sur ce qui s’est passé le 7 octobre. Ces larmes de crocodile coulent à flot. Il évoque pêle-mêle massacres, viols, barbarie ? Pire, ces crimes selon lui ne s’arrêtent pas là : « Nous y sommes toujours, la vague de haine vis-à-vis des juifs et d’Israël qui a déferlé sur le monde dès le 8 octobre avec les complices obscènes des islamistes : le wokisme ou les insoumis. »

Rarement paragraphe n’a recelé autant de mauvaise foi, et un tel degré d’intoxication. Ce grand collectionneur de raclées et de fiascos n’hésite pas à grimper à quatre pattes sur les dos ensanglantés, gangrenés des enfants palestiniens. Comment répondre à une telle grossièreté sans avoir un haut le cœur ? Comment cet homme ne comprend-il pas que c’est là l’origine du dégoût, du rejet qu’on lui inflige ? Mais, l’obséquiosité, la cupidité et la haine n’ont-elles pas pour particularité de rendre sourd et aveugle ?

Valls, obséquiosité et Islamophobie

Les idéologies fascistes et nazies ont subi les crachats de toute l’humanité. Elles n’ont plus d’autre choix que d’avancer déguisées, parfois couvrant la face d’un voile. Parfois, elles n’en ont cure. Ceci ne reflète pas le courage, mais l’insolence d’une veulerie convaincue qu’une parcelle du pouvoir vaut tous les droits qui régénèrent l’humanité de l’homme.

Celle qui exhibe ses charmes

Voilà ce qui conduit à cette aberration qui consiste à considérer que c’est de l’antisémitisme que d’exprimer une solidarité avec la souffrance d’une population : affamée, assoiffée, meurtrie, dévastée, privée de sa vie, de sa terre, de son passé, et de son avenir. Ne sommes-nous pas en plein tragi-comique ? Et comme le ridicule n’a jamais tué, alors la fourberie aiguise son poignard, piétine les repères de l’éthique, c’est tout à fait normal. La sagesse arabe nous enseigne : « Celle qui fait de son intimité un fonds de commerce n’a pas honte d’exhiber ses charmes à tout-va. » Avons-nous autre chose que l’ironie pour tourner en dérision le dogmatisme servile et la suprématie arrogante ?

Dans ce discours suprémaciste mal informé, les mots changent de registre, les uns n’ont plus les mêmes connotations, certains circulent comme des fantômes, d’autres sont carrément proscrits. Ainsi les chantres de la haine s’improvisent autorités de censure, de remodelage de la langue. Ils inventent de nouvelles expressions, travestissent d’autres telles que massacre ou carnage qui ne sont plus l’apanage des victimes, mais contre toute attente, c’est ce que subirait le bourreau. Cependant, ce qui fait sursauter tout un chacun, ce sont ces expressions bannies telles que droit international ou droit de l’homme. Tant il est vrai que l’on ne peut jeter les fondations d’un empire totalitaire sans le contrôle de la pensée, et la réappropriation de l’histoire ? Une histoire où le Palestinien et son alter ego, la lumière de l’esprit, sont condamnés à l’exil en dehors de la cité vertueuse.

Valls, obséquiosité et Islamophobie

Est-ce une dystopie orwellienne ?

Ne sommes-nous pas en pleine dystopie orwellienne !

Dieu merci, pour mener à bien cette besogne, nos chantres de la haine n’ont ni compétence linguistique, ni profondeur intellectuelle. Tout ce qu’ils ont, c’est l’ambition d’une grenouille qui se prend pour un éléphant. Cet égo éléphantesque révèle la grenouille dans toute sa petitesse raciste, mesquine, haineuse.

Il y a des hommes, des femmes qui suscitent notre admiration parce qu’ils nous inspirent. Ils font jaillir en nous des rivières insoupçonnées d’humanité généreuse. Une efflorescence printanière qui nous transforme, qui nous sort d’un miasme, d’une exhalaison exténuante. Et il y a des hommes qui ne sèment que malveillance, qui enclenchent en nous répulsions et profonde aversion. Nous ne leur pardonnerons jamais d’avoir pernicieusement infiltré dans nos méninges morgue et mépris à leur égard. Ces sentiments dégradants qui les avilissent et nous rabaissent par ricochet.

Valls, obséquiosité et Islamophobie

N’en déplaise aux promoteurs de la haine, et aux amants de Sion qui n’ont de cesse de creuser un fossé entre Juifs et Arabes. Qu’ils sachent que ceux-ci sont de plus en plus conscients que leurs pires ennemis sont les renégats. Ils sont de plus en plus convaincus qu’ils n’ont d’autres choix pour sauver leurs espérances abrahamiques et monothéistes que de retrouver une fraternité piétinée par un sionisme chauvin tribaliste et décadent. Ces deux peuples sont appelés à jeter les fondations d’un État démocratique judéo-arabe sur les ruines de l’apartheid et ses mesquines paraboles d’un autre âge. Qu’Arabes et juifs méditent le proverbe marocain : « Seule la saleté s’incruste entre la peau de la chair et l’ongle d’un doigt  ».

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