Le messianisme israélo-américain en sables mouvant

Cette guerre-là, quel chamboulement

La guerre ! Quelle connerie, nous dit le poète Prévert. Nous, pour notre part, nous nous disons : cette guerre-là, quel chamboulement. Tout est renversé, cul par-dessus tête. Messianisme et convoitise se joignent à l’action, pour s’emparer de la richesse d’une nation, et de là exercer une hégémonie sans faille sur le Moyen-Orient. L’ordre mondial est ébranlé, les médias propagandistes sont relégués derrière les réseaux sociaux devenus un espace de liberté où la censure est tournée en bourrique.

Nétanyahou et Trump sont partis en guerre la fleur au fusil, convaincus qu’ils ont pour mission divine de redessiner et de reformater le monde arabe. Dès le lendemain, ces apprentis sorciers se retrouvent en plein sables mouvants. C’est l’enlisement qui risque de sonner le glas d’une puissance aveuglée par son arrogance.

Ces rois sont nus !

Les rêves grandioses de victoire se révèlent chimères. Ces rois de pacotille ne s’attendaient pas à une telle posture devant les enfants palestiniens et iraniens et libanais qui les désignent d’un doigt blessé, tremblant d’innocence en criant : ces rois sont nus. Ils nous massacrent, nous privent de notre école, nous ont rendu orphelins de pères, de mères et de terres.

En effet, ces héros de l’apocalypse se livrent à un striptease obscène. Pour satisfaire leur mégalomanie hypertrophiée, ils n’hésitent pas à enclencher une rivière de sang, de cendre, de ruine. Tout en mettant notre pauvre planète « sur la paume d’un diable en transe », selon l’expression arabe.

On découvre que la pseudo-puissance israélo-américaine n’est qu’un écran de fumée. Que leur démocratie n’est que tartufferie, seuls les gogos y croient. Nous découvrons que la véritable puissance est celle de la justice et du droit.

Les dindons de la farce

Nous découvrons de même que les dirigeants des pays du Golfe ne sont que dindons de la farce. Les bases militaires américaines ne sont pas là pour les protéger, mais pour asseoir l’hégémonie américaine, quitte à transformer ces pays, le cas échéant, en champ de bataille donc en champ de ruine. Pire encore, ces dirigeants découvrent, stupéfaits, que l’Amérique et Israël comptent sur eux pour régler la facture exorbitante du coût de la guerre, évalué à des trillions de dollars. Dans ce contexte de jeu de dupe, dindon de la farce n’est qu’un doux euphémisme.

L’opération menée conjointement, libellée « La fureur épique », est en train de changer de camp, pour élire domicile dans le camp des victimes de l’agression. Ce sont eux qui défendent leurs familles, leur honneur, leur patrie face à l’armada la plus sophistiquée. Qui nierait qu’il y a là quelque chose d’épique, voire homérique ? Cette « fureur épique » ne s’est-elle pas muée en fureur épine ?

Ces méthodes de brigands

Ne faudrait-il pas arrêter cette damnée guerre illico presto ? Mais, comment ? Entamer des négociations avec qui ? Les Iraniens ne font aucune confiance à des gens qui n’ont jamais su ce que c’est que la parole donnée ! N’ont-ils pas l’habitude d’utiliser les négociations comme guet-apens ? N’ont-ils pas envoyé leur commando pour tuer les dirigeants iraniens en pleins pourparlers ? Ces méthodes de brigands suscitent mépris et répugnance, chez les Iraniens, alors avec qui négocier ?              

Dans la logique de l’alliance sacrée israélo-américaine, assassiner, tuer sans retenue, faire régner la dévastation et la destruction tous azimuts en Iran mènerait obligatoirement à une capitulation du régime décapité. Une sottise monumentale, ignorant sottement les mécanismes de fonctionnement de la logique musulmane en général, et chi’ite en particulier. Ici la notion de l’honneur est l’épine dorsale ! Capituler ou négocier avec celui qui a détruit votre pays, assassiné vos enfants, vos dirigeants spirituels et qui veut s’emparer de vos richesses, est un acte de déshonneur qui jette l’opprobre sur celui qui oserait le faire.

Quel malentendu ! Quand les israélo-américains fanfaronnent en se vantant d’avoir tué les dirigeants iraniens, ces derniers crient haut et fort, que le sang des martyrs est une semence.

Gilles Kepel, censé connaitre intimement ces mécanismes psychologiques, verse lui-même dans le même égarement. Ne parle-t-il pas de « missiles des pauvres » ? Il veut nous convaincre que cet Occident, monde de l’opulence, du progrès, de la force technologique, face à ces musulmans : un monde où se combinent terrorisme, décadence intellectuelle et morale.

Bertrand Badie verse dans la même absurdité, analysant les dessous de la guerre, il tombe dans une vision plus que manichéenne : « Les forts et les faibles. Ces derniers disent aux premiers : « Allez-y, frappez-nous et vous verrez ce qui vous arrivera » !! Autant dire que c’est une guerre juste contre un masochisme faiblard !

La perception occidentale

C’est la perception occidentale, aussi méprisante que fascisante, aussi stéréotypique qu’inculte, qui exclut sociologie et histoire, valeurs d’honneur et équité, droit de l’homme et droit international.

Dieu merci ! Cette vision qui s’exténue à reproduire les mêmes clichés est aujourd’hui à bout de souffle. Une nouvelle élite : de nobles femmes et nobles hommes sont en train d’émerger. Cette nouvelle élite qui s’assigne pour mission de porter haut et fort le flambeau d’une lumière qui dénude les ténèbres et leurs chauves-souris.    

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